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Simplification de la procédure contentieuse en matière environnementale

Simplification de la procédure contentieuse en matière environnementale

Publié le : 22/04/2026 22 avril avr. 04 2026

Le décret n° 2026-302 du 21 avril 2026, publié au Journal officiel du 22 avril 2026, modifie le code de justice administrative en créant, à l'article R. 311-5, un nouveau régime contentieux accéléré et unifié pour certains projets en matière environnementale.



Ce texte change radicalement la donne pour les cinq catégories de projets dits « stratégiques » (nouvel article R. 311-5 du Code de justice administrative) : 

 





























Catégorie Exemples de projets concernés
Énergies décarbonées Parcs éoliens (terrestres ou en mer), centrales solaires photovoltaïques, installations hydroélectriques, géothermie, hydrogène
Infrastructures de transport Routes, voies ferrées, ports, aéroports (au-delà d'un seuil de 5 millions d'euros HT)
Opérations d'intérêt national (OIN) et grandes opérations d'urbanisme (GOU) Programmes urbains majeurs portés par l'État ou les collectivités
Souveraineté économique et industrielle Usines stratégiques, sites industriels classés (ICPE) au-delà d'un seuil financier
Souveraineté alimentaire Projets agricoles structurants visant à renforcer l'autonomie alimentaire


Cette liste est large et touche, en pratique, l'essentiel des grands projets susceptibles d'être contestés devant la justice administrative.


Ce décret comporte plusieurs conséquences.

1. Une seule juridiction : la cour administrative d'appel. Les recours seront désormais portés directement devant elle, sans passer par le tribunal administratif. Plus d'appel possible : seul un pourvoi devant le Conseil d'État, juge de cassation, restera ouvert.



2. Un délai impératif de 10 mois. La cour devra statuer dans ce délai, contre plusieurs années aujourd'hui.



3. Un formalisme renforcé pour les requérants. Désormais, toute personne qui introduit un recours doit obligatoirement le notifier, dans les 15 jours francs, à l'auteur de la décision attaquée et au bénéficiaire du projet, par lettre recommandée avec accusé de réception. À défaut, le recours est irrecevable. Cette règle, inspirée du contentieux de l'urbanisme, est une véritable épée de Damoclès : un simple oubli formel suffit à rendre la contestation impossible.



4. La cristallisation des moyens. Les arguments juridiques (« moyens ») devront être soulevés rapidement et ne pourront plus être enrichis ensuite. Cela impose au requérant de construire son dossier de façon complète dès le départ.



5. Le délai de recours n'est plus prolongé par le recours gracieux. Auparavant, déposer un recours préalable auprès de l'administration permettait de gagner du temps avant d'agir en justice. Cette « rallonge » disparaît pour les projets concernés.



Ce texte s'applique aux actes relevant de son champ d'application pris à compter du 1er juillet 2026.


Les actes pris avant cette date restent régis par les dispositions applicables antérieurement.



Patrick Lingibé, cabinet JURISGUYANE

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